Blog des Républicains à Cergy
Axel Poniatowski a dû faire face à un double contretemps hier matin. Dans le cadre du suivi du programme de lutte contre le choc carcéral, le député-maire (UMP) de L'Isle-Adam avait invité la presse à l'accompagner lors de sa visite à la maison d'arrêt d'Osny. Au programme : présentation des mesures mises en place dans les cellules d'accueil des nouveaux arrivants. L'idée de l'association les Prisons du coeur, missionnée par le ministère de la Justice, étant « d'humaniser les prisons ».
Premier problème, la visite a tourné court : malgré les démarches préalables engagées par Axel Poniatowski, les journalistes ont été priés de rester à la porte de la prison. Les tentatives de négociation téléphoniques du député avec le cabinet du ministre de la Justice n'y ont rien fait. « Si la loi prévoit que les députés et sénateurs sont autorisés à visiter à tout moment les établissements pénitentiaires, ils ne peuvent être accompagnés lors de leur visite par d'autres personnes (élus locaux, avocats, journalistes...) qui n'ont pas la qualité de parlementaires », rappelle le ministère.
C'est donc seul que l'élu a passé la porte pour aller constater... que rien n'a été fait! « Strictement rien, s'étonne Axel Poniatowski. En janvier, le ministre Michel Mercier s'est pourtant engagé dans un courrier à ce que l'ensemble des mesures soient effectives avant la fin du mois. » Il avait même « le plaisir d'annoncer que l'échéance serait tenue ».
Pourtant, à l'intérieur, rien n'a changé. Pis, « le directeur de la prison n'avait reçu aucune consigne », souligne le député qui se demande si « ce n'est pas pour ça que les journalistes n'ont pas pu entrer ».
La visite n'a toutefois pas été vaine. « Je suis content de m'être rendu sur place pour constater qu'un dispositif qui devait être en place ne l'est pas, assure Axel Poniatowski. Le ministre dit que ce doit être fait et l'administration pénitentiaire ne suit pas, s'indigne-t-il. Je crois qu'elle a besoin d'être sacrément toilettée! »
Le plan de Pierre Botton, le président des Prisons du coeur, a donc fait mouche. La réaction du député était précisément le but recherché. « Ce dispositif doit être étendu à 18 sites, explique-t-il. On a visité Nanterre (Hauts-de-Seine), c'était très bien. Je savais qu'à Villepinte (Seine-Saint-Denis) tout est en ordre. Je savais aussi que dans le Val-d'Oise le dispositif n'est pas opérationnel. J'ai prévenu la veille qu'on irait à Osny et là, ça a bloqué. »
Il espère maintenant que les mesures vont effectivement être déployées dans les maisons d'arrêt du Val-d'Oise. « Elles sont validées par les politiques et par le contrôleur des lieux de privation de liberté, mais la pénitentiaire n'en veut pas, accuse-t-il. Cela veut dire qu'elle est plus forte au point de faire écrire des choses fausses à son ministre. C'est très malsain! »
Aurélie Foulon
© 2011 Le Parisien. Tous droits réservés.